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(de l'idéogramme à l'alphabet)

écriture et divination

pouvoir magique de l'écriture

Chez les Vietnamiens comme dans toute l'aire couverte par l'écriture chinoise, le pouvoir magique de l'écriture joue un rôle central dans la vie quotidienne. Dans la tradition vietnamienne, c'est le rite qui préserve du danger.

le sorcier sorciers

Il faut donc un médiateur entre l'homme et l'univers pour sa bonne exécution. Religieux, bonzes ou sorciers étaient chargés de ce rôle.


Depuis le 17e siècle, l'univers moral et religieux des Vietnamiens - malgré le matérialisme affiché des années récentes - est caractérisé par un syncrétisme des Trois Doctrines, confucianisme, bouddhisme et taoïsme. Mais, selon l'origine sociale, c'est encore l'une ou l'autre de ces doctrines et surtout les croyances et les rites qui y sont attachés, qui l'emporte.

Ainsi le confucianisme avec sa morale civique et sociale, l'éducation basée sur les Quatre livres, constitue l'armature morale et intellectuelle à laquelle les lettrés ou les membres des classes dirigeantes se réfèrent.

A l'opposé le taoïsme voit son origine remonter aux états de possession de la magie primitive. bonze de la Pagode de l'Empereur de Jade procession des Ba Dong à Da Nang en 1973 De l'école mystique où la pratique de l'ascèse et de la méditation doit conduire le sage à s'unir au cosmos, la mentalité populaire a plutôt retenu la quête de l'immortalité par la magie et la sorcellerie et le culte à la divinité suprême, l'Empereur de Jade qui, avec ses deux ministres des naissances et des décès règle les destinées des hommes. Ce culte, auquel se rattache celui des Chư Vị (ou esprits des Trois Mondes), se complique d'incantations, de charmes, d'amulettes. Il est aussi, parfois desservi par des femmes-médiums qui permettent aux fidèles de communiquer avec les divinités.


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tradition d'amulettes

ll existait au Vietnam une riche tradition d'amulettes, de sceaux, de drapeaux, de brevets. Il est clair aujourd'hui qu'on constate un renouveau d'interêt pour ces objets. Et leur présence est de moins en moins discrète, dans le commerce de la rue.

Outre un retour, peut-être, à des croyances fortement enracinées dans la culture, il faut constater que l'esthétique propre à ces figures, liée à l'art de la calligraphie, touche l'homme d'aujourd'hui.

L'usage de ces amulettes (bùa) en papier, couvertes de caractères tracé au pinceau ou xylographiés est difficile à connaître. Traditonnellement, elles se brûlent. La cendre peut en être absorbée mêlée à du thé ou de l'alcool. D'autres se portent sur le corps. D'autres se placent dans les maisons.

On donne ici quelques exemples anciens de charmes d'exorcismes dont le graphisme est particulièrement intéressant.

charmes d'exorcisme charmes d'exorcisme charmes d'exorcisme charmes d'exorcisme
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pratique populaire

La pratique populaire de la divination, l'étude des lignes de la main ou de la forme du visage, est plutôt considéré aujourd'hui - car ces pratiques n'ont pas disparu - comme une affaire de femmes, au moins dans la bonne société.

signes de la main physiognomonie

Pour les chiromanciens, la main gauche de l'homme et la main droite de la femme sont, pour chacune des articulations des doigts, en rapport avec les douze animaux cycliques et les cinq éléments. Cette réduction schématisée du microcosme et du macrocosme permettent de connaître le destin de chaque vie.


Il en est de même avec les traits du visage. Il existait aussi des zoochiromanciens qui, comme l'exposent P. Huard et M. Durand dans Connaissance du Vietnam (Hanoi, EFEO, 1954) considéraient qu'une patte de coq bouillie, comme une main d'homme est une figure de l'univers.

objet de bon augure

Le bonze principal d'une pagode à Ho Chi Minh-ville se disait très occupé au moment de la Fête des Morts à rédiger pour les personnes qui venaient le lui demander des souhaits adressés aux membres décédés de leur famille afin que ceux-ci ne viennent pas tourmenter les vivants.


cloche recouverte de voeux à la Pagode Giác Lâm

Ces papiers, écrits en caractères, étaient collés soit sur une cloche (le son de la cloche devant permettre aux paroles écrites de s'élever vers leur destinataire), soit au dessus d'un autel dressé spécialement.

On a ici un exemple du syncrétisme qui se pratique dans certains temples bouddhiques du sud.


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