A l'extrême sud-est de l'Asie, entre l'Inde et la Chine, fermée au nord par d'épaisses chaines de montagnes, mais ouverte sur toutes ses autres faces à l'influence de la mer, s'allonge vers l'équateur une longue péninsule.
Point ultime de contact – et d'affrontement –
entre les influences occidentales de la civilisation indienne
et les influences nord-orientales de la civilisation chinoise,
c'est là que se sont stabilisées des cultures où la part des puissants voisins
le partage avec un terrain local particulièrement riche et varié.
Composite, cette région « indochinoise » se présente comme une extraordinaire juxtaposition de paysages, d'ethnies – près de soixante pour le seul Vietnam – de langues et de cultures, ouverte aux influences étrangères les plus diverses qu'elle a toujours fini par assimiler et maîtriser.
C'est le long des côtes de cette Asie du Sud-est péninsulaire, en bordure de la Mer de Chine, que le Vietnam dessine un immense S dans lequel on a voulu voir la silhouette d'un dragon, animal légendaire familer à l'imagination et à la littérature orientales. D'autres le comparent à un phénix, gage de paix et de concorde, qui tiendrait dans son bec suspendu à un long ruban un paquet de livres sacrés.
Enfin, il fut un temps où on aimait assimiler ses trois régions à un fléau aux deux extrémités duquel seraient suspendus des paniers de riz abondemment fournis par les deltas du Mékong et du Fleuve Rouge.
Pays aux multiples cultures, la lecture et l'écriture ont toujours bénéficié d'un statut particulièrement élevé au Vietnam. C'est le lettré qui a toujours occupé la position sociale la plus enviée. Le caractère d'écriture, lui, est encore le motif favori dans l'ornementation des édifices publics ou de l'habitation privée. Quant à la lecture elle est aujourd'hui encore une pratique très répandue dans toutes les générations.