Le Vietnam est, en réalité, un pays multiethnique puisqu'il compterait une soixantaine d'ethnies différentes. Les Vietnamiens, ou Kinh, constituent l'énorme majorité de la population. En 1993, leur proportion était évaluée à 87% de l'ensemble. Parmi les cinquante quatre autres groupes identifiés, certains peuvent atteindre le chiffre de un million d'individus. Mais d'autres en comptent à peine quelques centaines.
La répartition des différentes ethnies est liée à l'histoire,
ancienne et complexe, du peuplement de la péninsule indochinoise.
Elle est aussi le résultat de la poussée vers le sud
entamée par les Vietnamiens
vers le 11ème siècle depuis le bassin du Fleuve Rouge
jusqu'au delta du Mekong enfin vers l'est sur des
territoires peuplés à l'origine de Cambodgiens.
En ce qui concerne les écritures, le Vietnam est au carrefour de deux mondes qui, sur le plan grammatologique ressortissent de deux philosophies, l'idéogramme et l'alphabet, chacun de ces deux secteurs d'écriture ayant donné lieu à diverses évolutions que l'on retrouve presqu'intégralement sur le seul territoire vietnamien à travers ses minorités culturelles.
On trouve au Vietnam des écritures de minorités
incluant pour tout ou partie des idéogrammes
(tay, nung et d'autres groupes thai).
Pour ce qui est des alphabets, la diversité n'est pas moindre.
On trouve des alphabets d'origine indienne (thai noir, cham, khmer, lao...),
mais aussi une présence massive de l'alphabet latin,
en tout premier lieu avec le quốc ngữ.
Les solutions trouvées pour transcrire la grande subtilité phonétique et tonale
du vietnamien eurent tendance, en effet, à faire école et furent souvent
appliquées à à la transcription de langues orales ou de
dialectes voisins géographiquement.
Les langues parlées par ces groupes ressortissent des trois familles linguistiques austro-asiatique, austronesienne et sino-tibétaines.
Une écriture idéographique : Pà Thẻn = Pá Hưng