Parmi les fêtes traditionnelles, le Tết
ou premier jour de l'an est très importante.
Elle est célébrée, encore de nos jours, avec beaucoup de solemnité.
Elle aussi est accompagnée d'une profusion de rites et de pratiques.
Ce jour marque, en effet, le commencement de l'année.
C'est le premier jour du premier mois et c'est avec lui que va s'enchaîner le nouveau rythme du temps.
C'est pourquoi on lui donne le nom de
Tết
Nguyên đán,
c'est à dire fête de la première aurore
.
Tous les gestes qui seront accomplis pendant ces premières heures revêtiront
la force d'un précieux talisman.
Les lettrés, pour ouvrir l'année nouvelle inaugurent leur pinceau. La période du Tết était en effet celle où, traditionnelement la production littéraire était la plus abondante. Les murs des maisons particulières, qu'elles soient riches ou pauvres, se couvraient de caractères calligraphiés sur des bandes de papier écarlate.
Le calendrier sino-vietnamien, calendrier luni-solaire
où la période de douze lunaisons doit être mise d'accord, de temps en temps,
avec l'année solaire par l'addition d'une lunaison supplémentaire, fixait la date des fêtes.
A côté de fêtes saisonnières dites confucéennes
- au nombre de neuf -
se déroulaient encore des fêtes bouddhiques, taoïques ainsi que des fêtes dans chaque village
en l'honneur du génie local.
Aujourd'hui,on redécouvre ces fêtes.
La fête de Lim, du nom de la colline sur laquelle elle a lieu au village de
Lũng Giang
dans la province de Bắc Ninh,
est particulièrement célèbre.
En effet c'est la fête du chant quan họ, tel qu'il est encore pratiqué
dans de nombreux villages du Hà Bắc.
Elle commence le quatrième jour du premier mois, c'est à dire pendant les fêtes du
Tết
et peut se prolonger jusqu'à la fin du deuxième mois.
Il était bien connu que derrière chaque groupe de jeunes gens et de jeunes filles
qui s'affrontaient d'un village à l'autre dans ces joutes de chant,
il y avait toujours un lettré.
La fête de Lim en 1987 : le chanteur, le jeu du mât, la lutte, le combat de coq. Des groupes de "quan ho masculin" rencontrent des groupes de "quan ho féminin" originaires de villages différents.et chantent ensemble.selon un cérémonial très ritualisé. A l'extérieur, autour de la colline de Lim, d'autres rencontres ou jeux.
A l'occasion de ces fêtes, les centres de production d'estampes devenaient très actifs :
Pour la fête de la mi-automne, Tết trung thu, qui est aussi la fête des enfants, les boutiques de Hanoi proposaient des lanternes et des jouets.
Le jeu a toujours eu une grande importance dans la vie du Vietnamien. Aussi, les jeux sont-ils variés et nombreux.
jeu de cailloux | jeu de cartes |
Les cartes à jouer vietnamiennes
- vendues encore aujourd'hui sous leur forme traditionnelle sur les marchés -
ont la même longueur que les cartes occidentales, mais sont trois fois plus étroites.
Le jeu de 32 cartes sert à jouer au tam cuc.
Par ordre d'importance les figures de ce jeu sont :
le général 將,
le lettré 士,
l'éléphant 象,
le char 車,
le canon 砲,
le cheval 馬
et le soldat 卒.
Chaque face est divisée en deux compartiments.
Celui du haut est réservé au caractère qui désigne la carte.
Celui du bas porte le signe emblématique du bonheur.
D'autres jeux de cartes comme le jeu de
tổ tôm,
tài bàn,
kiệu,
chắn
ou phá trận
nécéssitent un jeu de 120 cartes.
Les échecs, 打棋 đánh cờ, sont pratiqués par les Vietnamiens qui connaissent bien ce jeu et le jouent parfois en plein air avec des pions vivants. Chacun porte sur une fiche le caractère de la pièce qu'il représente.
Le théâtre vietnamien classique, tuồng, choisit ses thèmes dans l'antiquité. Les personnages sont des rois, des princesses, des généraux et les sujets sont surtout tirés des histoires chinoises. Ce sont des histoires édifiantes, le plus souvent, écrites par des mandarins ou des lettrés sous l'égide des rois. Des épisodes de l'histoire vietnamienne sont traités dans ce répertoire. On aimait aussi représenter des épisodes des grands romans comme le Kim Vân Kiều, Thạch Sanh, etc. A côté de ce théâtre classique, ancien théâtre de cour, le chèo, théâtre populaire du nord était joué par des paysans semi-professionnels. Dans l'une et l'autre de ces formes, la danse a une part importante.
Des troupes semi-professionnelles donnaient dans les villages des pièces de
chèo.
Dans ces pièces, satiriques bien souvent, mettant à mal le mandarin et le notable,
on décèle sous le langage des paysans la main et la technique des lettrés.
Au vingtième siècle, un nouveau genre, le cải lương, théâtre dit
rénové
est apparu dans le sud dans les années 1916-1918.
A base de chants mimés, cette forme de théâtre a connu de grands succès
avec le développement de l'air
vọng cổ
qui en constitue l'élément de base.
C'est immédiatement après la Première Guerre mondiale que l'implantation
du théâtre occidental, représenté à Saigon ou à l'
Opéra
de Hanoi,
donne le jour au kịch nói ou théâtre parlé
.
Cette forme de théâtre connaît une grande popularité à partir de 1946.
Avant 1975, la plupart des villes du Nord-Vietnam avaient une troupe professionnelle dans ce genre.
D'abord influencé par le théâtre français puis par
Stanislavski,
le théâtre parlé cherche, depuis les années 1980 à intégrer
les éléments du
tuồng
et du chèo.